Témoignage

Marie

Je suis diabétique depuis maintenant huit mois, c'est peu pour vous mais pour moi ça ne l'est pas. J'ai l'impression que cela fait des années et des années que j'ai cette maladie mais attention je ne m'en plains surtout pas je pense même que cela m'a aidé à avoir confiance en moi. Je vous explique en bref mon histoire. Tout a commencé comme vous tous, perte de poids (7 kg en une semaine), beaucoup de soif, aller beaucoup aux toilettes, je ne mangeais plus rien, je ne bougeais plus de mon lit je n'arrivais plus à marcher, je m'essoufflais beaucoup en bref, c'était l'horreur. Donc je suis partie voir un généraliste, à l'hôpital on m'a dit que ce n'était rien de grave juste une gastro. Deux jours après, le jour du nouvel-an , toute la soirée, j'étais couchée, je me tordais de douleur et à la fin j'ai fini par vomir donc on a compris que cela n'allait vraiment pas. Le lendemain vers 16h je suis allé voir mon médecin car cela n'allait plus, ma mère me tenait car je pouvais presque plus marcher et à même pas cent mêtres du cabinet, je me mets à me tordre par terre de douleurs, j'avais mal, je ne pouvais plus avancer, j'étais en train de crier dans la rue " Maman, j'ai mal, je n'en peux plus " donc ma mère a appelé les pompiers.

La découverte du diabète

Quand je suis arrivé à l'hôpital, je suis prise en charge en urgence donc prise de sang, interdiction de boire et de manger…Cela faisait une heure que j'attendais et le docteur me dit " Voilà Mademoiselle, vous avez le diabète, on va vous transférer dans un autre hôpital, nous n'avons pas de service pour les diabétiques ici, ils vous expliqueront mieux tout cela ". Je vous assure que je ne réalisais vraiment pas de ce qu'il me disait, j'étais mal avec un taux de glycémie à 4,89, j'étais à la limite du coma. Je me rappelle un peu qu'on est venu me chercher et on m'a transféré en service de réanimation avec plein de machines toujours sans pouvoir boire, manger et dormir (quand je suis arrivé à l'hôpital il était 16h et quand j'ai été transférée, il était 01h du matin).

Le lendemain vers 13h j'ai été transféré en étage dans un service pour diabétiques avec une jeune fille plus petite que moi (8ans), elle me faisait beaucoup de peine pour son âge. A peine installée, on m'a posé le Capteur Freestyle Libre. On m'a expliqué comment cela fonctionnait, on m'a aussi expliqué que je n'avais pas que du diabète, j'avais aussi de la tachycardie et un problème de tyroïde. Je suis une fille qui apprend très vite et qui comprend facilement les choses, cela n'a pas été dur de comprendre tout cela, même les infirmières étaient surprises de ma curiosité. Donc j'ai été mise sous pompe direct pour avoir constamment un débit basal d'insuline sur moi. Je suis restée deux semaines, à chaque nouveau patient diabétique, on m'appelait pour lui expliquer comment fonctionne le diabète.

Un suivi consciencieux

Alors je m'y suis habitué je devrais dire, je faisais mes correctifs en me levant le matin, mes bolus après chaque repas en comptant parfaitement mes glucides tout devait être carré. Les infirmières me faisaient confiance, elles ne vérifiaient même plus, après ses deux semaines il était enfin temps de rentrer chez moi j'ai donc pris rdv pour la prochaine consultation trois mois après et j'ai pris rdv avec une infirmière libérale. Tout se passait très bien au début, j'étais très organisée, j'avais toujours ma petite canette de coca et mes petits beurres pour me resucrer, mon lecteur et mon pod toujours chargés en bref je ne manquais de rien.

Au premier rdv, en allant faire mon hémoglobine glyquée, ce n'était pas bon, j'étais à 12, maintenant je suis à 14. Je ne suis plus trop sérieuse dans la gestion de mon diabète et je m'en rends compte, cela me fait peur quand même, mais passons. Il n'y a pas si longtemps que cela, quelques jours après avoir changer ma pompe, la où l'aiguille était plantée, je commençais à gonfler, de jour en jour cela se propageait et cela me faisait très mal donc je suis allée aux urgences, on m'a dit que c'était une infection à cause de la pompe a insuline et qu'on allait m'opérer.

On m'a endormie sous anesthésie générale, on m'a ouvert la cuisse, on a sorti la boule de pue et mis une mèche. Quand je me suis réveillée, je ne pouvais même pas marcher. Donc ensuite pendant un mois un infirmier venait chez moi pour me changer la mèche sans anesthésie, je ne vous raconte pas la douleur. Maintenant, j'ai une grosse cicatrice sur ma cuisse, on m'a souvent dit comment tu fais pour ne pas devenir folle avec tout ce qui t'arrive je répond toujours et c'est devenu une phrase que j'aime beaucoup " Vous savez, il y a pire dans la vie, prenez exemple sur ce qui ont le cancer ou une jambe coupée, eux il sont toujours souriants, toujours plein d'énergie pourtant eux ils devraient se plaindre, alors pourquoi moi je devrais pleurer parce j'ai le diabète ?

Le diabète rend plus fort

Le diabète n'empêche rien. C'est juste un obstacle que bientôt nous pourrons surmonter alors non je ne deviendrai pas folle parce je suis diabétique. C'était ma petite histoire, j'espère que cela vous a plus. Bon courage à tous les diabétiques.  Faut rester la tête haute et ne pas baisser les bras, on est trop fort pour cela.

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Clément, 13 ans et demi