Le BCG pour lutter contre le diabète de type 1

Une équipe du Massachusetts General Hospital a dévoilé, lors du congrès de l’American Diabetes Association (l’ADA), les résultats d’une étude de phase I montrant que le BCG peut aider à restaurer une production d’insuline chez les patients atteints d’un diabète de type 1.

Le BCG (Bacille de Calmette-Guérin) est utilisé en vaccin contre la tuberculose et aussi pour lutter contre les cancers de la vessie.


Des résultats chez des modèles de souris avaient précédemment laissé entrevoir que ce vaccin pourrait aider à traiter le diabète de type 1.


Dans l’étude présentée au congrès, les résultats ont été obtenus chez six sujets ayant un diabète depuis 15 ans en moyenne. Ils ont reçu deux injections de BCG ou de placebo. Les résultats ont été comparés avec ceux obtenus chez 6 patients non diabétiques.


Il apparaît que la vaccination par le BCG augmente la mort des cellules T autoréactives (les globules blancs qui s’attaquent aux cellules productrices d’insuline), accroît le nombre de cellules T régulatrices protectrices. De plus, on constate une reprise de la sécrétion d’insuline, dont témoigne l’augmentation du peptide C dans le sang, un coproduit de la production d’insuline.


Or le BCG est connu pour augmenter le taux d’une molécule appelée TNF (Tumor Necrosis Factor), une cytokine impliquée dans l’inflammation et la réaction immunitaire. Cette hypothèse est renforcée par la survenue de résultats positifs chez un patient qui avait reçu des injections de placebo mais qui a été infecté par le virus d’Epstein-Barr (EBV), connu pour augmenter aussi le taux de TNF.


Ces résultats encourageants permettent de mettre en place une étude pharmacologique de phase II qui durera trois ans.


De plus, ils offrent une possible explication sur l’échec des thérapies par anticorps lors d’études qui ne prenaient pas en compte le taux de TNF.


Ensuite, il semble que même de petites doses de BCG inversent transitoirement le diabète.


Enfin, ils apportent une garantie de sécurité, car le BCG est employé depuis plus de 90 ans, argument de poids pour toute nouvelle thérapeutique.

Source : Le Quotidien du Médecin 27/06/11

Auteur : Loïc Leroux

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