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Quand une association sauve un service de diabétologie

Eric Tamain est le Président de l’association des diabétiques des Hautes Alpes (05) et des Alpes de Haute Provence (04). Depuis plus de deux ans, il mène un combat de haute lutte, aux côtés des bénévoles et de la Fédération Française des Diabétiques, contre la fermeture du service de diabétologie du Centre Hospitalier de Manosque. Alors que le projet de fermeture vient d’être avorté, il raconte leur action d’autant plus qu’elle a révélé une prise en charge quasi inexistante et mal coordonnée sur le territoire. Suite aux différentes rencontres avec l’ARS initiées et menées par l’AFD 04-05, une dynamique de travail collective s’en est suivie sur la prise en charge globale du patient et la nécessaire coordination entre tous les acteurs de santé liés à la diabétologie.

« Il y a deux ans, nous avons appris le départ à la retraite du Dr Guillou, chef du service de diabétologie » - commence-t-il. Jusque-là, tout semble être plutôt dans l’ordre des choses. Mais cela était sans compter sur les difficultés majeures de recrutement de spécialistes et l’arrivée de la Covid-19. 
Outre la pénurie de soignants, les plans blancs ont nécessité des réorganisations majeures pour accueillir les malades du Covid. C’est ainsi que différents services ont dû fermer pour libérer des lits. « A Manosque, le problème est que le service de diabétologie n’a pas réouvert après la première vague de l’épidémie », « C’est ce qui nous a conduits très tôt à interpeller le Directeur de l’établissement, en lien avec le comité de région et le Siège de la Fédération » - relate Eric.
 
Pendant de longs mois, s’en sont suivis des courriers, des rendez-vous, ou encore des appels à la presse pour démontrer une chose : l’immense nécessité de conserver un service de diabétologie dans ce territoire où la prévalence du diabète est importante, et alors que les hôpitaux les plus proches, avec un service de diabétologie, sont à plus de deux heures de route (Grenoble et Marseille). C’est ainsi, par exemple, que le Vice-Président de la Fédération, Jean-François Thébaut, a pu écrire à la Direction Générale de l’Offre de Soins, ou qu’Eric Tamain, Président de l’association locale, a pu échanger et recueillir le soutien de Christophe Castaner et Pascale Boyer, tous deux députés dans ces départements. 

« Au mois de mars dernier, nous avons rencontré la Directrice de l’Agence Régionale de Santé, accompagnée d’un médecin inspecteur. Le rendez-vous a duré près de deux heures » - raconte Eric. Car si depuis le ralentissement de l’épidémie, le service a pu rouvrir en mêlant diabétologie et médecine générale, la menace de fermeture continuait de peser. 
Le coup de grâce a aussi été la lettre de réclamation envoyée au Directeur de l’hôpital, portée par l’association locale et signée par près de 400 soutiens – un exemple fructueux de mobilisation collective.

Au final, au mois de juillet dernier, la Direction de l’établissement a pu confirmer à Eric que le projet de fermeture était avorté et que de nouveaux diabétologues étaient en passe d’être recrutés – une victoire immense pour tous les bénévoles s’étant investis dans ce combat. 
« Cela démontre qu’il reste de l’humanité, l’humanité portée par l’investissement des bénévoles et le pouvoir des associations de patients » - se félicite Eric. Pour lui, « Il ne faut pas avoir peur de monter au créneau, sans agressivité mais avec conviction et détermination ».  
« On se fait entendre car nous avons la force de tous les patients ! » - conclut-t-il. 

« A cœur vaillant, rien d’impossible ». La devise de Jacques Cœur prend ici tout son sens. Sans cet inlassable travail de mobilisation, que serait-il advenu du service de diabétologie ? L’accès aux soins est un enjeu majeur de notre système de santé et la Fédération, accompagnée des bénévoles, continuera de porter ce combat, partout en France.