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Éric Grandvuillemin : « Le mécénat de compétences est une belle façon de terminer sa carrière »

Éric Grandvuillemin : le mécénat de compétences avant la retraite

À 60 ans, Éric Grandvuillemin fait partie de l’Association des Diabétiques du Morbihan (AFD 56). À trois ans de la retraite, il a fait le choix d’un engagement ciblé : le mécénat de compétences. 

Ancien Francilien, Éric s’est installé en Bretagne il y a deux ans en prévision de sa retraite. Pour le moment il est toujours employé au sein de l’entreprise française AXA et bénéficie de la transition activité retraite (TAR). Ce dispositif lui permet, pour ses trois dernières années de travail, de s’engager quatre jours par semaine dans l’association de son choix, tout en conservant les 4/5e de son salaire. C’est ce qu’on appelle le mécénat de compétences.

Le mécénat de compétences, qu’est-ce que c’est ? 

Le mécénat de compétences est un don en nature : il s’agit pour une entreprise de mettre des collaborateurs à disposition d’un organisme d’intérêt général, régie par la loi 1901, qui vont mobiliser pendant un temps leur compétences ou leur force de travail. Sa mise à disposition se fait sur son temps de travail, avec des conditions fiscales avantageuses pour l’entreprise.*

« Le mécénat de compétences est une belle façon de finir sa carrière. »

Atteint d’un diabète de type 1 depuis plus de 20 ans, Éric s’est naturellement tourné vers la Fédération lorsque son entreprise lui a proposé le mécénat de compétences, trois ans avant sa retraite : « Mettre mes compétences informatiques et mon savoir-faire de technicien au service du diabète était évident pour moi. Lorsque j’étais hospitalisé, je me suis rendu compte à quel point passer du temps entre diabétiques m’aidait. On partageait des informations, des conseils moins protocolaires que ceux des médecins. »

Éric se rapproche alors de Marlène, responsable de l’engagement associatif au Siège de la Fédération Française des Diabétiques, et lui expose son projet. Elle lui présente l’Association des Diabétiques du Morbihan (AFD 56), où il rencontre la présidente, Véronique Le Boulho. « Au début, cela faisait un peu peur aux bénévoles de l’association de se dire qu’ils m’accueilleraient quatre jours par semaine. Ils se demandaient s’ils auraient assez de travail pour m’occuper. Aujourd’hui je suis bénévole et secrétaire de l’AFD 56, mais aussi secrétaire de l’association régionale de Bretagne, qui regroupe les quatre AFD bretonnes » explique-t-il.  

« J’apporte à l’association mon savoir-faire informatique et mon vécu avec le diabète. »

Pour l’année à venir, Éric prévoit de se former à l’éducation thérapeutique du patient (ETP). Cette formation lui permettra, à terme, d’animer des Cafés Diabète, et de participer au développement de ce type d’action avec les autres bénévoles de l’association dans les déserts médicaux du Morbihan. Sur le plan personnel, il espère également pouvoir changer de traitement, pour passer des stylos à insuline à la pompe à insuline en boucle fermée hybride : « Comme je suis nouveau dans cette région, je retrouve des médecins petit à petit. J’ai eu la chance de trouver facilement un nouveau diabétologue et un médecin, mais certaines personnes dans le Morbihan font face à de véritables déserts médicaux. C’est dur pour les patients. Nous, en tant que bénévoles, on essaie de les aider au mieux, mais nous ne remplaçons pas les professionnels de santé. »

« Je conseille le mécénat de compétences pour rentrer dans le milieu associatif à tous ceux qui le peuvent. »

Après une carrière passée dans une grande entreprise, Éric découvre, avec le mécénat de compétences, l’humanisme qu’il manquait à son métier : « Je travaillais de manière impersonnelle, pour faire gagner des bénéfices aux actionnaires, sans vraiment donner de sens à tout cela. Avec le monde associatif, je découvre la dimension humaine, et je sais que lorsque mon contrat de mécénat prendra fin le 31 décembre 2026, je resterai engagé bénévolement au sein de l’AFD 56. » Aujourd’hui, Éric encourage celles et ceux qui le peuvent à s’engager : « Entrer dans une association permet de faire de nouvelles rencontres, de ne pas s’isoler au moment du passage à la retraite. De vraies amitiés prennent vie. Donc le bénévolat, il ne faut pas hésiter à se lancer dedans ! On reçoit humainement plus que ce que l’on donne, c’est enrichissant. » À l’heure où il se prépare à tourner la page de sa vie professionnelle, Éric Grandvuillemin a trouvé dans le mécénat de compétences une manière de se sentir utile et d’aider ceux qui comme lui, sont atteints d’un diabète.

Vous souhaitez vous rapprocher d’une association locale ou devenir bénévole, consultez notre page dédiée : Je rejoins mon asso locale.

Source : 
*Guide pratique du mécénat de compétences, novembre 2021