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Metformine et acidose lactique, l’ANSM rappelle comment limiter ce risque

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) a publié, en concertation avec les instances collégiales médicales et la Fédération Française des Diabétiques, une note d’information pour alerter les professionnels de santé et les patients sur le risque d’acidose lactique avec la prise de metformine. L’Agence y rappelle les situations pouvant favoriser la survenue d’une acidose lactique (comme par exemple une imagerie radiologique par produit de contraste), les mesures pour prévenir ce risque et les signes qui doivent inciter à consulter un médecin sans délai.

 

L’acidose lactique : un effet indésirable de la metformine connu, rare … mais potentiellement grave

La metformine, indiquée dans le traitement du diabète de type 2, est éliminée par les reins, comme la plupart des médicaments.  L’ ANSM rappelle que le risque d’acidose lactique (une accumulation d’acide lactique dans le sang) est augmenté, en particulier, chez les patients ayant une fonction rénale dégradée, une maladie cardiorespiratoire ou une infection grave (sepsis).
 
Comme l’indique l’ANSM, l’acidose lactique peut se manifester par « des vomissements répétés, diarrhée, des douleurs abdominales, des crampes et des douleurs musculaires diffuses, une sensation de malaise associée à une importante fatigue, des difficultés à respirer » et nécessite une prise en charge en urgence.
Depuis 2016, la prescription de metformine n’est plus contre-indiquée pour les patients atteints d’insuffisance rénale modérée (elle reste toujours contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale sévère). Le médecin doit veiller néanmoins à adapter le dosage et surveiller la fonction rénale tout au long du traitement, plus de détails ici.
Pour limiter le risque d’acidose lactique, l’ANSM précise aux professionnels de santé certaines mesures de bonnes pratiques, notamment :  
•    Informer le patient du risque d’acidose lactique associé à la metformine, 
•    Evaluer et surveiller la fonction rénale ainsi que les facteurs aggravants, 
•    Adapter les traitements en conséquence, 
•    Evaluer la nécessité d’arrêter temporairement la metformine devant certaines situations : injection de produit de contraste iodé, en cas de déshydratation, de signes évocateurs d’acidose lactique …

Que faire si je suis concerné ?

Pour éviter les risques d’acidose lactique :

•    Demandez conseil à votre médecin, à votre pharmacien ou votre radiologue si vous devez passer un examen médical nécessitant l’injection d’un produit de contraste iodé.
•    Respectez scrupuleusement votre prescription médicale : dosage, modalité de prise…
•    Pensez à informer votre médecin vos traitements en cours, notamment en cas d’hypertension artérielle, d’insuffisance cardiaque, de douleur ou d’inflammation (anti-inflammatoires non stéroïdiens), si vous prenez des médicaments qui augmentent la production d’urine et donc la perte de liquide (diurétiques) …
•    Veillez à maintenir un bon niveau d’hydratation, également bénéfique pour vos reins : buvez régulièrement (1,5 à 2 litres par jour). Soyez très attentif aux risques de déshydratation : vomissements, diarrhées, fièvre, forte chaleur, diabète déséquilibré (hyperglycémies).
•    Limitez votre consommation d’alcool et évitez le jeûne prolongé.

Consultez sans attendre votre médecin ou appelez le Samu (15) si vous avez certains symptômes, pouvant évoquer les signes d’une acidose lactique.
Pour toute question sur votre traitement, vos examens de suivi recommandés (notamment votre dernier bilan rénal), n’hésitez pas à consulter votre médecin traitant ou votre diabétologue.

Pour en savoir plus, consultez les recommandations publiées sur le site de l’ANSM :
https://ansm.sante.fr/actualites/acidose-lactique-et-metformine-un-risque-evitable