A l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, la Fédération Française des Diabétiques prend position pour faire reconnaître le tabac comme un facteur de risque majeur du diabète et améliorer la prévention et l’accompagnement des publics concernés.
Diabète et tabac : un lien encore trop méconnu
Le lien entre diabète et tabagisme reste aujourd’hui largement sous-estimé, tant par le grand public que dans les politiques publiques de santé. Pourtant, les données scientifiques sont sans appel : le tabagisme, actif ou passif, n’est pas seulement un facteur aggravant chez les personnes fumeuses vivant avec un diabète, il constitue aussi un facteur de risque avéré de développer un diabète de type 2, un prédiabète ou un diabète gestationnel. En augmentant l’insulinorésistance et en perturbant l’équilibre glycémique, le tabagisme complique la prise en charge de la pathologie et accélère l’apparition ou l’aggravation de complications cardiovasculaires, rénales, nerveuses ou encore oculaires.
Malgré ces risques, environ 410 000 personnes vivant avec un diabète continuent à fumer en France1 cumulant ainsi des vulnérabilités évitables. Environ un quart des personnes vivant avec un diabète de type 1 et près de 13 % des personnes atteintes de diabète de type 2, selon les données de Santé publique France2. À titre de comparaison, la prévalence du tabagisme quotidien dans la population adulte générale s’établit à 18,2 %3. Le tabac représente la première cause de mortalité toutes causes confondues chez les personnes fumeuses vivant avec un diabète. Malgré cela, le risque de développer un diabète, peu importe son type, est encore trop rarement intégré aux stratégies de lutte antitabac, qu’il s’agisse de prévention, de dépistage ou d’accompagnement à l’arrêt. Ce manque de visibilité a un coût humain considérable : elle prive les personnes concernées d’informations claires, de parcours de soins adaptés et d’un soutien renforcé pour arrêter de fumer.
À l’occasion de la Journée mondiale sans tabac, la Fédération Française des Diabétiques souhaite mettre en lumière cet enjeu majeur et rappeler une réalité essentielle : prévenir le tabagisme, c’est aussi agir efficacement contre les différentes formes de diabètes.
Des recommandations pour renforcer les politiques publiques
Face à ce constat, la Fédération Française des Diabétiques adopte une position claire et ambitieuse : le tabac doit être pleinement reconnu comme un facteur de risque du développement et de l’équilibre du diabète, et les personnes vivant avec un diabète doivent être considérées comme une population à risque nécessitant des mesures spécifiques. Cette position s’inscrit dans une approche globale de lutte contre le tabac : réduire l’exposition au tabac, prévenir l’entrée dans le tabagisme des plus jeunes, lutter contre les stratégies de l’industrie du tabac et garantir un accompagnement efficace à celles et ceux qui souhaitent arrêter.
Parmi les priorités portées par la Fédération figurent le renforcement des politiques de prévention et de fiscalité antitabac, indispensables pour réduire durablement la consommation, en particulier chez les jeunes et les publics les plus précaires, premières victimes des stratégies de l’industrie du tabac. La régulation stricte des nouveaux produits de la nicotine, souvent perçus comme anodins, est également essentielle pour éviter de nouvelles formes de dépendance et protéger les générations futures.
La Fédération appelle aussi à faire du sevrage tabagique un véritable levier de la prise en charge du diabète. Arrêter de fumer améliore l'état de santé, réduit les complications et augmente l’espérance de vie, même lorsque des ajustements sont nécessaires au début du sevrage. Pour cela, les personnes vivant avec un diabète doivent pouvoir bénéficier d’un accompagnement spécifique, coordonné et accessible, intégrant un suivi médical et nutritionnel par des professionnels de santé formés, et un meilleur accès aux traitements d’aide à l’arrêt.
Un enjeu majeur de santé publique et de lutte contre les inégalités sociales de santé
En adoptant cette position, la Fédération réaffirme que la lutte contre le tabac est aussi un combat contre les inégalités sociales de santé. Le diabète et le tabagisme touchent plus durement les populations les plus fragiles ; agir sur l’un sans agir sur l’autre revient à laisser perdurer des risques évitables. Reconnaître le lien entre le diabète et le tabac, c’est donner aux personnes concernées les moyens de mieux comprendre leur santé, de faire des choix éclairés et d’être accompagnées sans jugement.
La Fédération appelle les pouvoirs publics à traduire ces constats en actions concrètes : mieux informer, mieux repérer, mieux prévenir, mieux protéger les publics à risque et mieux accompagner les patients fumeurs. Agir sur le tabagisme constitue une priorité majeure pour améliorer la prévention, la prise en charge et la qualité de vie des personnes vivant avec un diabète.
1 FOSSE-EDORH, Sandrine, PIFFARETTI, Cécile, SABONI, Lucile, et al. Études Entred : un dispositif pour améliorer la connaissance de l’état de santé des personnes présentant un diabète en France – Premiers résultats de la troisième édition conduite en métropole en 2019. Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire, 2022, n° 22, p. 384-391. Disponible sur https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2022/22/2022_22_1.html
2 IBIDEM
3 Forte baisse du tabagisme en France : en 10 ans, 4 millions de fumeurs quotidiens en moins. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/2025/forte-baisse-du-tabagisme-en-france-en-10-ans-4-millions-de-fumeurs-quotidiens-en-moins .



