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Ma sexualité au féminin

La sexualité constitue une part importante de la vie personnelle de toute personne. Source de plaisir, elle peut aussi, chez une femme atteinte d’un diabète, se compliquer avec l’apparition de troubles sexuels.

Le diabète de type 1 ou de type 2 n’engendre pas obligatoirement de troubles sexuels, mais il représente un facteur de risque non négligeable. Certains problèmes liés à la sexualité peuvent révéler un déséquilibre du diabète. N’hésitez pas à en parler à votre médecin généraliste, votre diabétologue et votre gynécologue. Les complications les plus courantes chez une femme sont les troubles gynécologiques : mycoses génitales, infections, sécheresse vaginale... D’autres complications plus sévères peuvent avoir un impact physique et psychologique.

Quels sont les troubles sexuels les plus fréquents pour une femme ?

Les troubles de la sexualité que vous pouvez rencontrer en tant que femme atteinte d’un diabète sont essentiellement les infections génitales : mycoses, infections urinaires... Si celles-ci se développent, elles ont tendance à récidiver et peuvent être à l’origine de douleurs lors de rapports sexuels. Il est donc recommandé d’être suivie par un gynécologue.  La complication la plus répandue est la sécheresse vaginale. Il s’agit d’une diminution ou l’arrêt de la lubrification du vagin. Elle peut entraîner des douleurs pendant et / ou après les rapports sexuels. Cette complication touche deux fois plus souvent les femmes atteintes d’un diabète1.  . L’atteinte neurologique clitoridienne peut provoquer des troubles du plaisir sexuel.

Sécheresse vaginale

Le diabète, qu’il soit de type 1 ou 2, provoque chez une femme deux fois plus de risques de souffrir de sécheresse vaginale. Celle-ci est due à une diminution du gonflement des tissus sexuels autour du vagin et au niveau du clitoris. Cette sécheresse vaginale peut aussi être provoquée par certaines contraceptions hormonales (en particulier progestatives ou par certains stérilets) et elle est fréquente après la ménopause. N’hésitez pas à en parler à votre gynécologue, sage-femme ou à votre médecin qui peut vous aider à choisir une contraception plus adaptée. La diminution de la lubrification vaginale peut provoquer des douleurs lors de la pénétration et rendre les rapports moins confortables. L'utilisation d'un gel lubrifiant peut contribuer à améliorer le confort et le plaisir pendant les relations sexuelles.

Sexualité, diabètes et santé mentale

Sylvie: « Je suis atteinte d’un diabète de type 1 depuis 14 ans. Ma libido a disparu progressivement. Les médecins auxquels j’ai évoqué le problème disent que cela peut être lié à un problème hormonal ou une HbA1c trop élevée. »

Les difficultés sexuelles liées au diabète peuvent également avoir des répercussions sur la libido. Lorsque les rapports sont douloureux ou inconfortables, il est fréquent d'appréhender les relations intimes, ce qui peut progressivement entraîner une baisse du désir sexuel. À cela peuvent s'ajouter des troubles psychologiques tels que la dépression, l'anxiété ou la détresse liée au diabète, qui influencent eux aussi le désir. La gestion quotidienne de la maladie peut également peser sur la vie intime. La charge mentale associée à la surveillance constante de la glycémie, la crainte d'une hypoglycémie pendant un rapport sexuel, parfois appelée « hypo-anxiété », ou encore la présence de dispositifs médicaux comme les capteurs ou les pompes à insuline peuvent altérer l'image de soi et la perception de son corps. Certaines femmes peuvent alors être amenées à espacer volontairement les rapports, jusqu'à parfois se désintéresser de leur sexualité.
Ces difficultés peuvent également fragiliser la relation de couple et entraîner un manque de communication autour de l'intimité, des besoins et des inquiétudes de chacun. Or, le silence peut renforcer les incompréhensions et le sentiment d'isolement.
Dans ces situations, il est essentiel d'oser en parler à son ou sa partenaire ainsi qu'aux professionnels de santé. Un accompagnement adapté permet souvent de mieux comprendre les difficultés rencontrées et d'identifier des solutions pour retrouver une vie intime épanouie.

Diabète, mycoses et infections

Les mycoses
« Depuis que mon diabète est déséquilibré, j’ai des douleurs importantes qui m’empêchent d’avoir des rapports. Pourquoi ? », Marlène. 
Le diabète de type 1 ou de type 2 favorise l’apparition de champignons (candidose ou mycose) au niveau génital. Le déséquilibre d’un diabète entraîne la présence de sucre dans les urines, ce qui favorise le développement des mycoses sur la zone vaginale et vulvaire. La prise de traitements antibiotiques a le même effet et laisse aux infections la possibilité de se développer. La présence d’une mycose entraîne une inflammation et un œdème de la vulve, responsables de troubles importants au moment des rapports sexuels, avec douleurs et démangeaisons.

Comment traiter une mycose 
Ces mycoses se traitent avec des antifongiques et par l’équilibre de votre diabète. Cependant, vous restez toujours porteuse du champignon et si le déséquilibre du diabète persiste, les mycoses récidivent. Si vous devez prendre un traitement antibiotique et si vous êtes sujette aux mycoses, il faut prévenir votre médecin pour qu’il vous prescrive un traitement préventif contre les champignons, en même temps que les antibiotiques.

Les infections urinaires (cystite)
La cystite est une infection urinaire localisée au niveau de la vessie. Elle est due, dans 90 %2 des cas, à une bactérie appelée « Escherichia coli », mais d’autres bactéries ou micro-organismes, peuvent en être la cause. 
Les risques d’infections urinaires liées à l’excès de sucre dans les urines sont également fréquents, notamment lorsqu’un diabète est déséquilibré. Ces infections urinaires peuvent occasionner des douleurs dans le bas du ventre avec une répercussion sur vos rapports sexuels.

À qui parler de ma sexualité ?

Monique : « Je vis avec un diabète depuis mes 38 ans et jamais on ne m'a parlé de problèmes de sexualité. Je me rends compte maintenant que je suis passée à côté de beaucoup de choses en ne sachant pas à qui je pouvais en parler. »   
En plus de votre médecin traitant, gynécologue, ou diabétologue, le recours à un sexologue peut être opportun. Il a pour vocation de vous aider à retrouver une vie affective et sexuelle plus épanouie: il peut être psychologue, médecin… Votre partenaire peut également vous aider.

Dépistage du cancer du col de l'utérus

Pour prévenir l’apparition du cancer du col de l’utérus, l’Assurance maladie3 préconise pour les femmes entre 25 et 29 ans d’effectuer deux premiers frottis (examen cytologique : analyse des cellules) à 1 an d’intervalle, puis si les résultats sont normaux, tous les trois ans. Ce frottis permet de détecter des lésions cancéreuses ou précancéreuses avant qu’elles n’évoluent à terme en cancer. Pour les femmes entre 30 et 65 ans, le test de dépistage est le test HPV-HR (recherche du virus). Ce test est réalisé sur des cellules prélevées au niveau du col de l’utérus, lors du frottis. Il s’effectue trois ans après le dernier examen cytologique normal, puis tous les cinq ans jusqu’à 65 ans si le résultat du test est négatif. Cependant, la prévention du cancer du col par la vaccination chez les adolescents contre le papilloma virus est essentielle et doit être fortement recommandée.

Règles et diabète

« Avant les règles, mon diabète est toujours déséquilibré : est-ce normal ? », Christine.
Les modifications hormonales qui se produisent au cours du cycle peuvent avoir une influence sur l’équilibre d’un diabète. Souvent couplées à des modifications de l’humeur, les règles peuvent avoir un impact négatif sur le contrôle du diabète. Dans ces conditions, une surveillance accrue des glycémies et une adaptation du traitement peuvent être nécessaires à chaque cycle.

pompe à insuline et sexualité

Julie (vivant avec un diabète de type 1): « Contrairement à beaucoup de mes amies, je ne suis pas gênée de me montrer nue avec ma pompe et mon capteur. Je suis quand même obligée d’être un peu prudente pour ne pas les endommager ! »
Marie (vivant avec un diabète de type 1) : «  Pour les personnes atteintes d’un diabète de type 1, et porteuses d’une pompe à insuline filaire couplée à un capteur comme moi, comment faire pour que tout ce matériel ne se mette pas en permanence entre mon partenaire et moi ? Comment accepter de porter tout ça ? Que ce soit intimement ou même pour un câlin, j’ai toujours peur que mon compagnon se prenne les mains dedans, qu’il appuie sur le capteur… Tout ça manque de spontanéité et je suis en vigilance constante. »
L’acceptation des dispositifs tels que la pompe à insuline et le capteur peut représenter un long cheminement personnel. Les pompes à insuline à tubulures peuvent être retirées temporairement si l’on craint qu’elles soient arrachées : garder ou non la pompe connectée lors d’un rapport sexuel est un choix qui vous appartient. Si vous déconnectez votre pompe avant des rapports intimes, n’oubliez pas de la reconnecter ensuite !

Vie sexuelle et diabètes : prévenir l'hypoglycémie

Un rapport sexuel peut comme un exercice physique provoquer une hypoglycémie. Il est utile d’avoir de quoi se resucrer à portée de main et de surveiller sa glycémie avantet après le rapport sexuel afin de l’appréhender au mieux.
Être atteinte d’un diabète de type 1 ou 2 n’empêche pas de vivre une sexualité épanouie en tant que femme. Même si certaines complications peuvent survenir, il est important de se faire aider et de s’entourer, afin de les appréhender au mieux.

Si vous recherchez du soutien vous pouvez vous rapprocher de la Fédération, présente pour vous soutenir et vous accompagner dans toutes les étapes de votre vie de femme. Différentes actions sont mises en place pour vous aider :

Pour en savoir plus :

  • Découvrez notre site dédié à la pompe à insuline et notre article sur la sexualité: “Diabète, pompe à insuline… comment bien vivre sa sexualité ?”
  • Découvrez dans notre magazine équilibre, une série de dossiers intitulée Diabète au féminin : 
    - équilibre n°371 (mai-juin 2026) : Diabète au féminin épisode 1 : des risques spécifiques à chaque étape de la vie ;
    - équilibre n°372 (juillet-août 2026) : Diabète au féminin épisode 2 : au-delà des hormones, les défis du quotidien ;
    - équilibre n°373 (septembre-octobre 2026) : Diabète au féminin épisode 3 : la maladie s’invite aussi dans l’intimité.

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Sources : 
1. American Diabetes Association
2. Assurance maladie. Cystite (infection urinaire) : symptômes et causes, 13 mai 2025. (Consulté en ligne le 27/08/2026).
3.Assurance maladie. Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, 21 avril 2026. (Consulté en ligne le 23/07/2026)

Crédit photo : ©Yuliia

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