Témoignage

Amélie

Il y a quelques mois, si j'avais dû écrire un livre sur mon diabète de type un, je l'aurais sans aucun doute nommé " Comment le diabète a gâché ma vie " pourtant aujourd'hui, je le nommerais plutôt " Comment le diabète a changé ma vie ".

Tout a commencé par une phrase simple, lapidaire : " Tu es diabétique ". J'ai été emmenée à l'hôpital et diagnostiquée insulino-dépendante le mardi 18 décembre 2018 à 16 ans. Au début, je ne comprenais pas, je ne m'inquiétais pas, d'où cette phrase qui est revenue fréquemment " Tu le prends bien ". Ce n'est pas qu'à ce moment je prenais bien cette nouvelle, c'est juste que je ne me rendais pas compte et je croyais que j'allais retourner au lycée le lendemain. On m'a installée d'urgence en pédiatrie car il n'y avait plus de place en endocrinologie, je me retrouvais donc seule, dans une salle. Sur les murs, il y avait des pieuvres dessinées avec une phrase " Il y a 12 pieuvres cachées, trouvez-les !". Il ne faut pas sous estimer les trucs comme cela, j'ai vraiment eu du mal à les trouver ! Dans cette même salle, on m'a fait une prise de sang et on m'a laissé un cathéter " pour les prochains jours ". C'est là que je me suis rendue compte que je n'allais pas repartir chez moi le lendemain. Le séjour à l'hôpital s'est très bien passé, le personnel était agréablement surpris de ma motivation et de ma joie de vivre. La vérité c'est que je ne réfléchissais pas sur ma maladie, c'est comme si j'étais sortie de moi-même, il y avait une Amélie diabétique qui faisait ses dextros avec soin et une Amélie " normale " qui voulait juste rentrer chez elle. Cela assurait à tout le monde que tout allait bien.
 
Ensuite je m'en suis rendue compte, j'ai enfin pu me dire " oui, je suis diabétique ". Il y a eu des hauts et beaucoup de bas, j'en avais marre des piqûres, j'avais peur des complications, je m'étais rendue compte qu'il y avait un avant diabète mais qu'il n'y aurait jamais un après. Puis les mois sont passés et j'ai appris à l'apprivoiser, à vivre avec, à ses côtés.
 
Le 18 décembre 2019, j'ai fêté mes "un an", j'ai ramené des chocolats sans sucre, j'en ai fait un joyeux anniversaire. Pour beaucoup, cela paraissait bizarre mais je ne fêtais pas un an de maladie incurable, je fêtais un an de combat. Même si j'aurais pu avoir pire, même si je suis d'un côté chanceuse de n'être que diabétique, cela reste une maladie pas facile tous les jours, et l'on doit fêter, pour moi, l'avancement du combat.
 
En janvier 2020, j'ai défendu la cause des diabétiques aux Etats Unis qui meurent à cause du prix de l'insuline et, devant 3000 personnes, j'ai affirmé du plus profond de mon âme "Je suis fière d'être diabétique " car cette maladie fait partie de moi aujourd'hui, au même titre que je suis en terminale L, au même titre que j'ai les yeux marron. Je crois avoir aujourd'hui accepté mon diabète de type un et je souhaite à chacun de l'accepter aussi, de garder espoir car la science et les lois évoluent. Me battre pour cette cause et en parler m'a délivré et je souhaite que tous les diabétiques puissent se dire un jour, malgré les hauts et les bas, malgré les hypoglycémies et les hyperglycémies, malgré la responsabilité qu'on a sur nos épaules : " Oui je suis diabétique, et alors ? "

 

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Clément, 13 ans et demi