Témoignage

Christine , 42 ans

Je suis diabétique depuis 20 ans de type 1. J'ai 5 piqûres par jour des grosses doses donc je ne peux pas mettre de pompe car faudrait la recharger tous les jours donc je n'en vois pas l'avantage mais plus les inconvénients...Lorsque j'ai découvert que j'étais diabétique on est très vite passé du simple cachet metformine aux piqûres de lente et de rapide car mon diabète était toujours élevé, très élevé.

Une journée normale, c'était entre 3 et 4 g sans manger et 4 à 6 g en rajoutant l'alimentation ordinaire donc au début ayant des proches peu compréhensifs, j'ai fait comme si j'avais un rhum et que ça allait passer car je passais pour la " ... de service ". " Il faut encore lui faire un repas spécial, elle est ... " donc je négligeais ma santé pour ne pas avoir de réflexion ou j'essayais de m'adapter par rapport au repas qu'ils faisaient mais voilà à force je suis même arrivée à ne plus vouloir me piquer, à ne plus faire attention au régime alimentaire et me dire c'est bon je suis normale sauf que mon corp a résisté pendant 6 mois jusqu'au moment où je me suis écroulée et que j'ai fait un malaise devant mes enfants de 6 , 8 et 9 ans.

Grâce à leur courage, ils ont réussi à m'injecter 60 unités d'insuline rapide (ils n'y connaissaient rien) ce qui m'a permis au bout de quelques minutes de reprendre connaissance et eux pendant ce temps d'alerter toute la famille pour crier au secours. C'est seulement à ce moment-là que j'ai pris conscience que j'étais réellement malade et que je ne guérirais jamais. Je pouvais juste améliorer mes journées en suivant correctement mon traitement et mes régimes alimentaires pour vivre un semblant de vie normale. La vie ne nous gâte pas lorsqu'on est atteint de cette maladie sournoise. Depuis cette période de déni, j'essaye de tout faire mais il y a des moments ou je craque  : je mange et fais n'importe quoi, ça me culpabilise mais comme mon médecin me dit " vous êtes juste humaine et oui vous avez le droit d'être en colère et de tout envoyer paître mais il faut aussi très vite se ressaisir pour ne pas laisser gagner trop de terrain à la maladie car plus on fait attention moins la maladie gagne du terrain sur notre organisme " mais voilà ce n'est pas évident toutes ses contraintes.

Le plus difficile pour moi, ce sont les effets indésirables en permanence d'une hypo ou d'une hyper ou tout simplement d'un repas. Vous êtes niquel au début du repas (même repas équilibré) puis 30 à 40 minutes après le taux monte, vous avez un mal de tête, de la fatigue et lorsque cela redescent brutalement vous avez un mal de tête, des tremblements, des sueurs chaudes et froides et cette fatigue abondante. Rien que ça ça me fatigue car une personne lambda ne le comprend pas.

Il y a aussi la façon dont on réagit par rapport au corps médical : le fait de se sentir punie, " fliquée " à cause de cette maladie avec les contrôles obligatoires, les carnets de glycémie... Lorsqu'on se pointe chez le médecin avec les résultats, s'ils sont mauvais, selon qui on a en face de nous, on se fait limite "..." comme des enfants d'école maternelle car on a soi-disant fauté alors que moi-même en m'alimentant correctement sans écart, mon taux monte très haut juste à cause de mon état moral si contrarié.  Beaucoup d'hypers et ça monte très haut  : j'ai été obligée d'être hospitalisée pour qu'ils le comprennent car pour eux j'étais une inconsciente qui mangeait et buvait n'importe quoi ils m'ont même fait voir par des psychiatres pour être sûrs que je ne mentais pas. Donc pas facile de faire confiance au corps médical quand on vit des choses comme cela heureusement pour moi j'ai enfin trouvé un diabétologue et une infirmière spécialisée dans le diabète une diététicienne et un médecin généraliste compétents qui ne me font plus vivre cela...

Après 20 ans de diabète avec des hauts et des bas ma plus grande peur c'est bien sur l'avenir de comment la maladie va " me bouffer " petit à petit, comment je vais être atteinte, quels symptômes vont encore me ruiner la santé, le moral...Quelles souffrances vais-je devoir endurer et comment il faudra encore se justifier auprès des proches pour expliquer que c'est l'agencement de la maladie et non à cause de moi...Que de questions pour cet avenir de souffrance qui nous reste à vivre avec cette maladie et notre entourage....En tous cas je souhaite à tous les diabétiques beaucoup de force et de courage pour essayer de vivre avec cette maladie qui nous ronge...

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Clément, 13 ans et demi