Témoignage

Elise, 36 ans (Rhône)

Diabétique de type 1, traitée par insuline lente et insuline rapide, j'ai du subir une cœlioscopie sous anesthésie générale il y a quelques jours. Je suis entrée à la clinique à 10h. L'opération était programmée à 15h. A jeun depuis minuit, l'attente allait être longue.

A 10h, ma glycémie était aux alentours de 3 g. L'infirmière s'affolait : comment est-ce possible, alors que vous n'avez pas mangé ? J'ai expliqué le rôle du stress et fait de l'insuline pour corriger ma glycémie en veillant à ne pas trop en faire pour éviter l'hypo. Ma glycémie s'est maintenue à 2 g jusqu'à ma descente au bloc. J'avais rencontré l'anesthésiste quelques semaines plus tôt. Il m'avait expliqué que ce serait moi qui gérerait le jeûne. J'avais surtout peur de l'hypo et je n'ai pas pensé à ce qui se passerait quand je serais inconsciente, ni à l'effet du stress sur ma glycémie. L'anesthésiste ne m'a rien dit à ce sujet.

 

A mon réveil, 3 ou 4 heures après ma descente au bloc, j'avais la nausée. Je n'étais vraiment pas bien. On m'a remonté dans ma chambre. J'ai entendu mon alarme pour injecter mon insuline lente. J'ai appelé les infirmières pour qu'elles m'apportent mon stylo à insuline (tous mes traitements avaient été pris) et là, surprise : elle refuse alors que je suis à 2,54 g. J'explique que l'insuline lente n'a rien à voir avec les repas et qu'il me la faut. J'ai dû parlementer pendant 10 minutes jusqu'à ce qu'elle accepte d'appeler l'anesthésiste qui a finalement donné son accord. 2 heures après, je suis à 3,35 g. Je rappelle les infirmières pour pouvoir faire une correction et là, nouveau refus.

 

L'infirmière m'explique qu'il faut faire attention avec l'anesthésie, qu'il y a des interactions avec l'insuline et la perfusion de sérum glucosé. Et là, surprise : je comprends qu'on m'injectait du sucre sans surveiller ma glycémie ensuite ! Comme ma glycémie est très haute, l'infirmière accepte que je fasse une correction mais pas celle que j'ai calculée car elle a très peur que je fasse une hypo. Résultat, j'ai refait encore de l'insuline 2 heures plus tard (j'étais encore à 2,56 g). Ma glycémie a ensuite enfin retrouvé un niveau plus correct. Je n'ai donc pas dormi de la nuit pour surveiller ma glycémie, j'ai lutté avec les soignants pour qu'ils m'écoutent et je suis restée pendant 1 jour à des glycémies comprises entre 2,5 g et 3,5 g ! Bien sûr, aucun contrôle de présence de cétones dans mes urines n'a été fait...

 

Je suis en colère contre l'anesthésiste et contre les soignants qui n'écoutent pas les patients et sont visiblement comme des poules devant un couteau face à des patients diabétiques. Les malades chroniques se connaissent bien. Ils doivent être considérés comme partenaires des soignants et non comme des êtres irresponsables et ignorants. Pourtant, il existe des recommandations de bonnes pratiques ou des fiches pratiques mais elles ne semblent pas mises en oeuvre.

 

Crédit photo :   © Fotolia - Daniel Ernst

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