Témoignage

Jocelyne, 51 ans (60)

Toujours un nouvel objectif en perspective ... depuis 30 ans que je suis diabétique insulino-dépendante, j'ai toujours en mémoire la première phrase que m'a dite mon médecin quand il m'a annoncé la nouvelle : " Ça ne t'empêchera pas de vivre jusqu'à 82 ans, d'avoir des enfants et de vivre pleinement ! " Formidable déclencheur d'optimisme.

Je fais du sport depuis toujours (volley, ski alpin, ski de fond, spéléo, vtt, rando à cheval, équitation) et maintenant, je "mène", oui, je fais de l'attelage de loisir avec un cheval de trait qui me fait consommer pas mal d'énergie !

 

Puis je me suis lancée dans le passage du permis E (B), après une visite médicale obligatoire et favorable (diabète oblige) pour pouvoir conduire des véhicules attelés de plus de 3,5 tonnes et pour continuer à participer à la vie d'une association et d'une école d'attelage où je mène (ou groome) des chevaux de trait attelés à des voitures transportant jusqu'à 15 personnes.

 

Un défi parmi tant d'autres ? Non ! C'est comme ça, c'est ma vie que je tiens entre mes mains. Je profite de chaque moment au maximum même si je passe par de sérieux moments de solitude ! Je viens de rater la maniabilité du permis E (B) par dépassement de temps car comme d'habitude, c'est panique indescriptible au "top départ" et une sensation de vide qui s'installe dans le cerveau avec tout ce qui suit : connaissances qui disparaissent, réflexes qui s'amplifient et réactions exagérées plus une température de - 7° et un vent glacial [...] Le cas type de l'hypoglycémie brutale qui fait tout chavirer. C'est terrible et hyper inconfortable.

 

Alors comme à chaque fois, c'est vivre l'après hypo (chose que je redoute le plus), recommencer, donc retour du stress et surtout repayer le droit d'inscription ou de passage du permis.

 

Outre le fait d'être atteint d'une maladie chronique qui coûte chère par ces temps de crise, le budget alimentation à ne pas réduire parce que cela met en péril la santé, le sport et l'hygiène de vie nécessaire, enfin, le diabétique n'est pas "aidé" et c'est bien dommage.

 

Si notre entourage fait le maximum, c'est nous et nous seul qui assumons les désagréments de ce mal envahissant.

 

Je ne regrette pas ce que je fais mais par moment, je rage de me rendre compte que je ne suis pas dans un état de santé " normal " mais que personne n'y peut rien et qu'il faut faire avec....

 

Crédit photo : © iceteastock - Fotolia.com

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