Témoignage

Léonor

Femme ? Diabétique ? Et alors ? Je peux le faire ! Je peux tout faire ! Le diabète, cette maladie qui me pousse à donner du sens à ma vie…Une maladie, un deuil, un échec, ces épreuves ont toutes un point commun : elles poussent les individus à chercher le dépassement de soi.

Le dépassement de soi par l’accomplissement de challenges qui paraissent impossibles. Les diabétiques ne peuvent pas courir de longues distances ? Les diabétiques ne peuvent pas grimper des sommets ? Les diabétiques ne peuvent pas faire de la plongée ? Les diabétiques ne peuvent pas être policiers ? Les diabétiques ne peuvent pas être champions sportifs ? Les diabétiques ne peuvent pas être à la tête d’un état ? On nous dit qu’on ne peut pas le faire ? Alors on le fait. Ou on finira par le faire. Personnellement, j’ai commencé par courir. Courir un semi-marathon m’est apparu comme un défi personnel pour m’aider à sensibiliser mon entourage sur ma maladie, pour détruire les stéréotypes, me battre contre le diabète et prouver que rien n’est impossible. L’idée dans ce dépassement de soi est de changer le monde à coup de micro accomplissements qui raisonneront dans l’esprit d’autres diabétiques, qui relèveront à leur tour leurs propres défis. Réaliser un challenge, c’est prendre ma revanche sur ma condition. C’est me prouver que je peux le faire. C’est vivre ma vie coûte que coûte et dépasser mes limites. Et si cela peut inspirer d’autres diabétiques, alors tant mieux. Mon but est de me battre pour ceux qui ne le peuvent pas, de faire entendre la voix de ce que l’on entend pas, de partager mon énergie positive et la détermination avec les personnes qui ont la même condition que moi. Cette volonté raisonne d’autant plus fort en moi que mon engagement est double : relisez ce même paragraphe et remplacez chaque fois le terme « diabétique » par « femme ». Doublement challengée ? Je réponds doublement motivée !

La santé, le droit des humains, la protection de l’environnement, sont des causes qui me tiennent à cœur. Mais par-dessus tout, c’est la voix des femmes que je souhaite défendre. Je ne me suis jamais sentie aussi vulnérable que face à la maladie, mais j’ai aussi découvert grâce à elle une force que je n’aurais jamais oser imaginer. Je crois qu’on peut accomplir tout ce que l’on souhaite accomplir lorsqu’on est une femme. Je crois qu’il n’y a aucune limite. Aujourd’hui plus que jamais il s’agit de communautés de femmes qui encouragent et inspirent d’autres femmes. À nouveau, n’hésitez pas à remplacer « femme » par « diabétique », ces phrases résonnent tout autant en moi que ce soit avec l’un ou l’autre des termes. Si la maladie ou mon genre ne me définissent pas, ils me construisent. Ce sont deux briques parmi d’autres. Je ne suis pas meilleure qu’une autre, je ne suis pas plus sage, je ne suis pas guérie, et j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir, mais ce qui compte, c’est que j’avance. J’essaie de relever mes propres défis, pour montrer aux autres comment relever les leurs. Oui, j’ai souvent peur. Mais je veux que mes choix et mes actions reflètent mes espoirs et non mes peurs. Alors je vis par-delà la maladie en partageant mon énergie positive et avec la ferme intention que mon diabète ne m’empêche pas de profiter de la vie. Je suis une femme diabétique et je m’engage à faire entendre ma voix, à défendre, à sensibiliser, à éduquer et à faire avancer la recherche.

Femme ? Diabétique ? Et alors ? Si je peux le faire, vous pouvez le faire !

 

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Clément, 13 ans et demi