Témoignage

Marie-L

Je suis née en 1941, en Auvergne, huitième d’une famille de dix enfants. En 1957, à 16 ans donc, on me diagnostique un diabète, sur constat des symptômes habituels. Je ressens alors une certaine peur et révolte face à cette atteinte, très grave à l’époque, à mon intégrité physique : sentiments habituels, compensés par l’optimisme métabolique naturel, propre à cet âge.

Une évolution heureuse

Je reçois les premiers soins d’un médecin généraliste, puis je suis hospitalisée pour la mise en place du traitement. En 48 heures j’ai pu être autonome dans les soins, avec la douleur et la lourdeur du traitement de l’époque, aggravées par un régime strict, particulièrement contraignant pour une adolescente.

 

Je ne relate pas ces faits pour me faire plaindre mais pour mettre en relief l’évolution heureuse, technique et mentale, qui permet actuellement de réduire considérablement les effets morbides douloureux et abusivement contraignants du diabète.

 

Peu après, par connaissance, mes parents m’ont pris un rendez-vous avec le Pr Lestradet, à Paris. Pour celui-ci, plus de régime mais adaptation des doses d’insuline aux repas (insulinothérapie fonctionnelle avant l’heure). J’ai donc bénéficié très tôt d’une évolution qui s’est (presque) généralisée beaucoup plus tard.

 

En 1959, recherche d’emploi. Beaucoup de portes se ferment à cause de la maladie. Sur concours administratif, je suis admise au ministère de l’Éducation nationale.

De maman à grand-mère

Rue de Grenelle ou je loge, je fais la connaissance de mon futur mari, étudiant, qui habite à la même adresse. En 1968 notre fils naît. Ma grossesse est suivie avec beaucoup d’attention à l’hôpital Saint-Antoine, alors maternité pilote. La naissance est programmée à huit mois car l’enfant pèse près de 4 kg. Il est mis en observation. Je ne l’ai connu que quatre jours plus tard, le 24 décembre : attente insupportable pour une jeune maman, mais un bébé en bonne santé…

 

À partir de cette période, je gère moi-même ma maladie, accompagnée par des médecins généralistes avec lesquels j’ai toujours eu de bonnes relations. Les seuls problèmes d’équilibre de diabète que j’ai connus se sont produits lors d’interventions chirurgicales (sans rapport avec la maladie). Dans les années 1980, j’ai quelques séances de laser aux yeux. À ce jour, ma vue n’est pas affectée.

 

En 1998, après une vie passée entre Paris, Toulouse et Bordeaux, c’est à Saint-Malo que nous nous installons pour la retraite. À l’occasion d’une conférence, je découvre l’association locale de l’AFD (Diabéto Malo) qui me permet de faire connaissance avec les différents spécialistes. Je continue régulièrement les bilans de santé auxquels j’ai toujours attaché une grande importance. Mon médecin généraliste coordonne le tout (un vrai médecin référent). À la suite de problèmes cardiaques, je m’impose une à deux heures de marche par jour… face à la mer…

 

Lors de manifestations organisées par l’association, je ne manque pas d’apporter un message d’espoir aux mamans de jeunes diabétiques. Pour ma part, je suis grand–mère de trois petits enfants (entre 5 et 10 ans) en bonne santé et qui me disent souvent avant les repas : as-tu fait tes soins ?

Optimisme et solidarité

Je viens de mentionner un message d’espoir. Je veux y insister sur trois points, tous aussi importants les uns que les autres. Le premier concerne le diabète dont je suis affecté, qui est d’ordre essentiellement génétique. Qu’il soit clair que l’héritage n’en n’est pas automatique. Il indique seulement, comme pour d’autres maladies ayant ce caractère, une prédisposition plus grande et donc un dépistage encore plus nécessaire. Ainsi dans ma famille, j’ai :

  • 1 père diabétique,
  • 9 frères et soeurs non diabétiques,
  • mon fils non diabétique,
  • 21 neveux dont 1 diabétique à 15 ans,
  • 37 petits-fils et neveux, dont 11 d’âge supérieur à 15 ans et aucun diabétique. 

Le second point, déjà évoqué, est l’évolution des techniques et mentalités. Que des jeunes, à qui on pronostique un diabète, laissent s’épanouir leur optimisme naturel. Ils auront seulement à s’efforcer, avec sérieux, d’obtenir et appliquer un traitement devenu beaucoup moins éprouvant, de s’alimenter intelligemment (bonne qualité diététique et gustative).


Le troisième point est la solidarité humaine, éclairée et assistée par les professionnels de santé. Mon mari, non diabétique, m’a toujours secondé… au point de se « défoncer » actuellement dans l’association « Diabéto Malo ». Moi-même, je suis membre de cette association. J’en obtiens des gratifications pour les secours reçus (il est toujours bon de ne pas ruminer seule) et les aides apportées aux autres (diabétiques ou diabétiques potentiels).

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Clément, 13 ans et demi