Témoignage

Mickaël, 37 ans

J’ai aujourd’hui 37 ans et je ne suis plus diabétique depuis le 9 février 2006, date à laquelle on m’a greffé un rein et un pancréas. J’ai vécu 22 ans avec un diabète de type 2 qui m’imposait des injections d’insuline Nph deux fois par jour.

Depuis mes 14 ans, mon état de santé s’est régulièrement dégradé et, en 2004, mes reins ayant quasiment cessé de fonctionner, j’ai dû vivre avec des poches, sous dialyse péritonéale. À partir de cette époque, la vie familiale que j’avais réussie à construire malgré mon diabète s’est dégradée, particulièrement mes relations avec ma femme et avec le plus jeune de mes quatre enfants, mon fils, qui ne comprenait pas ce qui m’arrivait.
 

Seule issue : la greffe

L’urologue qui me suivait m’a expliqué que la greffe était la seule issue possible. Cependant, une simple greffe de rein aurait été inutile car le mauvais fonctionnement de mon pancréas aurait imposé une nouvelle transplantation de reins quelques années plus tard. Le 9 février 2006, j’ai été opéré pour la greffe d’un rein et d’un pancréas. J’ai souffert de quelques complications un mois plus tard. J’ai dû être réopéré et, depuis, je suis un autre homme.

 

Du jour au lendemain, ma vie a changé. Au début, j’ai eu beaucoup de mal à y croire. Je fais aujourd’hui tout ce que je n’ai jamais pu faire. Je mange de tout, bien que toujours avec modération, je fais du sport. J’ai retrouvé un équilibre avec ma famille et mes relations avec ma femme, jusque dans l’intimité, n’ont jamais été aussi épanouies. Je n’ai plus à m’astreindre à des traitements lourds, juste quelques médicaments antirejet à prendre le matin, ce qui est sans commune mesure avec ce que m’imposait mon diabète.
 

En quête d’un travail « ordinaire »

Aujourd’hui, il me reste à retrouver du travail, un travail ordinaire, ce que je n’ai jamais connu ou presque. Mon diabète a toujours été un obstacle à mon insertion professionnelle. Je n’ai jamais eu de travail stable car je ne pouvais pas résister à des efforts intenses. J’ai néanmoins toujours travaillé, en particulier dans des ateliers protégés, jusqu’à ce que mon état de santé m’en empêche.

Aujourd’hui, je participe aux actions menées par l’Association française des diabétiques, et, surtout, je témoigne de l’importance du don d’organe sans lequel je ne serais probablement plus là aujourd’hui. Je sais qu’une vie malheureusement perdue a permis de sauver la mienne. J’ai décidé à mon tour de donner mes organes et de tout faire pour que chacun pense que ce geste peut sauver non seulement la vie d’une personne mais aussi celle de tous ceux qui l’entourent.

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