Témoignage

N Comores, 24 ans (30)

J'ai été diagnostiquée diabétique en 2007 ce qui fait exactement 8 ans. Mais en réalité je fus touchée par cette maladie bien avant. En effet, trois ans auparavant, ce fut ma petite sœur de 6 ans qui fut diagnostiquée diabétique. À l'époque, je ne connaissais pas du tout cette maladie, et le seul fait d'entendre des termes comme « maladie incurable » ou encore « traitement à vie » ou encore « piqûres d'insuline tous les jours », me donnait la chair de poule.

Oui, j'avais peur pour ma jeune sœur qui n'était encore qu'un enfant. Et la réaction de la famille, voir ma grand mère pleurer ne faisait qu’accroître cette peur. En principe, le diabète n'est pas une maladie qui se voit physiquement, mais ma petite sœur avait subi une perte de poids considérable et cela aussi contribuait à accroître ma peur. Mais c'était sans compter sur le courage impressionnant et la joie de vivre incontestable dont faisait preuve cette fillette.

 

À partir de là, je me suis fait la promesse de veiller deux fois plus sur elle et de l'aider du mieux que je pouvais. Ainsi je commençais à connaître la maladie, le régime alimentaire à suivre, le contrôle des glycémies, les dosages de l'insuline, comment réagir en cas d'hypoglycémie ou d’hyperglycémie et bien plus.

 

Trois ans plus tard, j'ai commencé à avoir des symptômes que je reconnaissais évidement. Une soif permanente, des réveils trois à cinq fois par nuit pour aller aux toilettes, des sueurs froides de temps à autre et bien d'autres. Alors naturellement, j'ai alerté mes parents. On effectua un test de glycémie sur l'appareil de ma sœur, et sans surprise, j'avais une glycémie très élevée. Le jour suivant, après plusieurs analyses médicales, je fus diagnostiquée diabétique par mon médecin. Et alors que je voyais ma famille réagir de la même façon qu'avec ma petite sœur, alors que je revoyais les mêmes larmes couler sur les joues de ma grand mère, ma réaction et mon ressenti, eux étaient bien différents cette fois-ci.

 

Je connaissais déjà la maladie, je vivais déjà avec elle en quelque sorte, et j'étais prête à l'affronter ou plutôt à vivre avec elle. Mais plus inattendu encore, et je me souviens comme si c’était hier, je me suis dit, « en ayant la même maladie qu'elle, en vivant ce qu'elle vit au quotidien, en ressentant ce qu'elle ressent, je vais pouvoir mieux l'aider encore, surmonter avec elle cette grande épreuve de la vie ».

 

A partir de là, je me suis faite une deuxième promesse : il fallait que je sois forte pour pouvoir lui montrer l'exemple. C'est donc ainsi sur le chemin du retour à la maison, dans la voiture, les yeux perdus dans le paysage qui défile et dans mes pensées, que j'appréhendais le diabète avec le sourire. Ce qu'il y a à retenir c'est que, peu importe la gravité de la maladie, et tous autant que nous sommes, on a tous une raison ou une autre de se battre et de s'accrocher.

 

Crédit photo : © Fotolia - Rido

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