Témoignage

Stéphanie, 19 ans (Vaucluse)

Je m'appelle Stéphanie, j'ai 19 ans et je suis diabétique depuis l'âge de 13 ans. Au début, on me pensait juste fatiguée et stressée, ma prof de sport m'a même convoquée pour me parler d'anorexie tellement ma perte de poids était importante. Et quand le diagnostic est tombé, j'étais presque soulagée de pouvoir mettre un nom sur mon mal. Mes parents, eux étaient anéantis.

Au début, je n'avais aucune difficulté à bien le prendre, le traitement m'avais redonné la santé, je ne demandais rien de plus. Et puis avec le temps, j'ai finis par trouver cela révoltant. Suite à l'annonce de mon diabète et en voulant bien faire, je me suis imposée tellement de limites que j'ai réellement sombré dans l'anorexie, ne supportant plus toutes les restrictions que je m'imposais. Je suis devenue boulimique un an et demi plus tard. Depuis, même si tout semble s'être calmé, j'ai un rapport très particulier avec la nourriture. Tantôt de la haine, tantôt de l'amour.

 

Je me sens presque coupable d'être malade, cela me fait me sentir minable. Je déteste en parler avec mes proches ou mes amis, je ne supporte pas d'avoir à répondre à leur curiosité même si elle parait naturelle. Je sais que toutes leurs questions et leurs bonnes intentions c'est avant tout de l'inquiétude et de l'amour mais moi, cela me rends "dingue". Je n'aime pas m'expliquer, je n'aime pas me justifier, je n'aime tout simplement pas qu'on le remarque. Insuline, pompe, injections, glycémie... tous ces mots deviennent tabous pour moi.

 

J'ai conscience en écrivant que je me voile la face, que je nie ce qu'il m'arrive. J'essaie au maximum de faire passer mon diabète et donc ma santé au second plan, je fais le strict minimum pour me gérer mais je ne suis moralement pas capable de faire plus. En voulant faire en sorte que mon diabète prenne le moins de place possible dans ma vie, je provoque l'inverse, il devient le centre de mes angoisses et de mes complexes. J'ai l'impression que tous mes problèmes partent d'ici. Je sais que tant que je ne l'aurais pas accepté, je ne pourrais pas avancer.

 

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